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5.9.07

Le Lobelia Erinus Crystal-Palace

Lobelia Erinus Crystal-Palace.
Famille des Lobeliacées.
Plante annuelle en pleine terre, vivace en serre.
(Image Wikipedia)

Il y a plusieurs variétés de Lobélias, mais nous ne nous occuperons aujourd'hui que de la plus connue et de la plus jolie, je veux parler du Lobelia Erinus CrystaI-Palace bleu foncé.

Cette charmante plante, qui ne s'élève pas à plus de 15 à 20 centimètres, constitue de délicieuses bordures autour des corbeilles de nuances vives. Sur les balcons ou les fenêtres, on en fera des potées qui, alternées avec des bégonias rouges, ou toute autre fleur à coloris éclatant, produiront le plus splendide effet. Disséminée dans les rocailles, cette fleur est charmante à voir.

Pour sa bonne réussite et l'avoir en première saison, il faut semer fin août, ou commencement de septembre. La graine étant très fine, il faut simplement rappliquer sur la terre sans la recouvrir. On pourrait y mettre un peu de mousse humide, hachée très menu, mais cela n'est pas indispensable. La terre que l'on emploiera devra être très finement tamisée, en raison de la ténuité de la graine. Il faudra arroser assez fréquemment, mais avec un arrosoir très fin, pour ne pas déplacer cette graine au moment de la levée, ni plus tard le jeune plant.

On trouve dans le commerce de petites pompes à main, d'un prix peu élevé, qui donnent des arrosages semblables à une pluie fine ; cela est parfait pour les semis.

Si le plant se développe rapidement, et qu'on puisse le repiquer avant l'hiver, on le fera dans de très petits pots, que l'on enterrera dans la caisse même où aura été fait le semis, afin de prévenir le dessèchement. Il ne faut pas oublier de mettre quelques cailloux au fond des pots pour le drainage.

On arrosera ensuite pour assurer la reprise, et dès les premières menaces de gelée on serrera le tout dans un lieu clos et éclairé.

Pendant l'hiver, on ne devra plus arroser que très rarement et seulement si la terre est trop sèche. On devra choisir pour cela un jour de pluie, en raison de la température plus douce.

Dans le cas où le plant ne serait pas assez fort pour être repiqué avant le 15 octobre, il serait préférable de le laisser dans la caisse sans le toucher. Le traitement pendant l'hiver serait le même que pour celui mis en pots.

Lorsque les gelées sont complètement passées, on peut mettre en pleine terre le plant repiqué et celui qui ne l'est pas, en ayant soin pour le premier, de dépoter sans briser la motte ; on arrose pour obtenir une bonne reprise et on laisse végéter en entretenant la terre toujours fraîche.

On peut aussi semer au printemps et jusqu'en mai et juin pour avoir des fleurs tout l'été, mais les semis de juin devront se faire en place.

Quoique les lobélias soient assez rustiques pour réussir presque partout, ils préfèrent une terre légère et fraîche et une exposition mi-ombragée.

31.8.07

semis pour fleurs de pleine terre

On prend une caisse ayant environ 25 centimètres de profondeur, 50 de longueur, et 30 de largeur. On l'élève au-dessus du sol au moyen de quatre pieds qu'on isole en les entourant de chaux en poudre, ou de cendre, afin d'empêcher les limaces de monter à la caisse, pour y dévorer les jeunes plants. Il sera bon de renouveler la chaux ou la cendre de temps en temps, surtout après la pluie.

Afin de préserver les plantes d'un excès d'humidité, on perce quelques trous au fond de la caisse, on les recouvre avec des cailloux, ou des débris de poterie, et, pour constituer une sorte de drainage, on répand une couche de sable maigre de 10 centimètres d'épaisseur ; on achève de remplir la caisse avec de très bonne terre tamisée soigneusement, laquelle aura été préalablement engraissée par une adjonction de fumier bien consommé.

On peut aussi employer avec avantage un terreau créé de toutes pièces, mais comme cette fabrication demande un certain temps, nous attendrons pour l'indiquer le moment le plus propice pour y procéder.

Lorsque la caisse est remplie, on tasse la terre avec une planchette, jusqu'à ce que la surface soit bien unie, et que le gonflement résultant du tamisage ait disparu ; puis, on arrose en pluie avec un arrosoir assez fin pour ne rien déranger, et on laisse l'eau s'imbiber pendant 15 ou 20 minutes, après quoi on procède au semis. On répand la graine aussi également que possible, en évitant de semer trop dru, ce qui causerait l'étiolement ; puis on recouvre le semis d'une couche de terre tamisée, dont l'épaisseur variera suivant la grosseur de la graine, mais ne devra dépasser quelques millimètres ; plus une graine est fine, moins elle doit être recouverte ; il y a même des circonstances où, pour les graines très délicates, on devra remplacer la terre par une couche de mousse humide finement hachée : nous l'indiquerons quand il y aura lieu.

Tout étant terminé, il n'y a plus qu'à recouvrir la caisse, pendant les premiers jours, avec une planchette, ou bien un paillasson que l'on devra soulever de temps en temps pour voir si les graines naissent. Dès que se montrera la première verdure, il faudra découvrir pour éviter l'étiolement, mais en ayant soin d'ombrer un peu cette délicate végétation qu'un soleil trop ardent sécherait rapidement.

Nous ne parlons pas des arrosages, parce que cela change pour chaque plante ; nous les indiquerons pour chacune d'elles, lorsque nous en ferons connaître la culture.

22.8.07

LES SEMIS DE MÂCHES

Il n'est pas de salade qui soit moins difficile à cultiver que la Mâche, la
doucette, comme on l'appelle familièrement. Il n'en est peut-être pas qui rende plus de service en une saison où le petit amateur ne peut avoir recours aux procédés de culture artificielle qu'exigent les autres salades.

La Mâche est la salade du pauvre comme du riche: douce comme son surnom, productive, rustique au dernier degré, elle réussit partout où elle trouve un peu de fraîcheur. Elle ne demande aucune préparation de sol ni même de labour.


Depuis le commencement du mois d'août jusqu'en octobre, dans une partie quelconque du potager ou du verger, entre des rangs de vignes, au milieu des plantations de choux, de choux-fleurs ou d'arbres fruitiers, on passe vigoureusement le râteau sur le terrain plus ou moins durci, rien que pour en écorcher la surface. Puis, on sème très clair, de manière que les Mâches ne se gênent pas en se développant, et on passe de nouveau le râteau pour enterrer légèrement la graine. On arrose aussitôt après et abondamment, et cela chaque jour, même deux fois par jour, jusqu'à la levée, car c'est la meilleure condition pour obtenir une bonne et prompte germination de la graine de Mâche.

A partir du commencement de novembre, on coupe entre deux terres les rosettes, que l'on épluche et lave à grande eau, pour les manger, avec de la betterave rouge et du cerfeuil.

La Mâche commune est une plante indigène et commune en France: on la trouve spontanément dans les terres a
blé, durant tout l'hiver; mais ce type sauvage est maintenant délaissé, depuis que l'on cultive des races perfectionnées, plus productives et à feuilles plus amples et plus charnues.

3.7.07

LA RAIPONCE

Il n'est personne qui, chemin faisant, n'ait foulé aux pieds une plante commune à tous les terrains, sur les chemins et les lisières de bois. Ses mignonnes petites fleurs en clochettes bleues que supporte une tige mince, raide, un peu anguleuse et garnie de feuilles étroites, invitent la demoiselle à les cueillir. C'est la Raiponce (Campanula Rapunculus), sorte de petite campanule à végétation bisannuelle, entièrement spontanée dans toute la France.

C'est comme plante potagère que nous venons ici recommander la Raiponce aux lectrices de notre journal. La Raiponce est un légume dont on consomme toute la plante, racines et feuilles, à partir du mois de novembre, en même temps que les Mâches. Ses jolies racines allongées, pointues, d'un blanc nacré à chair blanche, et croquante, sont d'une saveur douce et se mangent crues en salade, ainsi que ses feuilles, qui sont très tendres et analogues comme saveur à la mâche.

L'aspect de ces petites racines est tout à fait apétissant et rappelle assez bien la forme des Radis longs blancs ou Raves blanches.

La Raiponce est d'une culture facile. Du premier au 15 juillet, on préparera une planche de terrain de 1 mètre de large sur telle longueur que comporteront les besoins de la demoiselle. Le sol sera préalablement fumé avec du fumier bien consommé et presque réduit en terreau, pour éviter que les racines deviennent fourchues au contact d'un fumier trop neuf ou pailleux. La planche nivelée grossièrement au rateau ou à la fourche, on piétinera un peu la terre pour la rendre moins creuse, puis on donnera un dernier coup de râteau pour bien niveler la planche, et immédiatement après on arrosera copieusement et à fond.

On attendra que le sol se soit un peu ressuyé, c'est-à-dire quelques minutes, et on procédera aussitôt au semis.

La graine de Raiponce est d'une finesse extrême et demande non seulement à être peu enterrée, mais encore à être semée très clair. On se trouvera donc bien de la mélanger à de la terre sèche ou à du sable, environ dix fois son volume. On sémera ce mélange, qui devra être bien homogène, soit à la volée, soit en rayons espacés de 20 à 25 centimètres, et on ne le recouvrira qu'avec de la terre fine criblée avec un tamis fin, et cela très légèrement, à peine un demi-millimètre, ou bien on ne le recouvrira pas du tout.

A partir de ce moment, et jusqu'à ce que la levée ait été effectuée, on arrosera au moyen d'un arrosoir à pomme finement trouée, pour éviter de disperser les graines.

Si, malgré la précaution prise de semer mélangé avec de la terre, le semis se trouvait encore trop dru, il faudrait l'éclaircir, pour que chaque plante ait, tout autour d'elle, de 2 à 3 centimètres pour se développer.

Depuis le commencement de novembre jusqu'à la fin de l'hiver, on récoltera d'abondantes et excellentes racines charnues, tendres et feuillées, si surtout on a eu la précaution de couvrir la planche de Raiponce au moyen de litière ou de paillasons pendant les fortes gelées.

Avec un paquet de graines de 10 grammes, on peut ensemencer une planche de 6 à 7 mètres, si on a soin, comme nous venons de le dire, de mélanger cette graine à une certaine quantité de terre fine ou de sable.